LES CRITIQUES
LE
MONDE, Yves FLORENNE, 1978
…aux mains de vrais écrivains, de
moralistes, le S.F. (science fiction) a pour fonction
de nous stimuler à refuser, ce dont on
nous menace. C’est à cette prévention
par un révulsif énergique que se
rattache la nouvelle (d’André Le
Gall), terrible dans son ton uni, sa progression
angoissante, publiée par France-Forum…Fiction
purement romanesque, bien que l’anticipation
soit à court terme, elle évoque
un Etat français « national et socialiste
» et sa législation « humanitaire
» sur l’ « interruption
de vieillesse » : nullement utopie
de jouvence, mais « expression concrète
du droit à la mort »…
LE CANARD
ENCHAINE, 1979.
Excellent sujet, sur l’
« interruption de vieillesse »…
la lutte d’un couple pour échapper
à la monstrueuse innocence de l’administration.
Intéressante idée d’illustrer
le déroulement des faits uniquement à
l’aide de correspondances officielles ou
de réponses des intéressés…
LA CROIX,
1979.
La facture de ce roman est
originale… le récit progresse par
une succession de pièces administratives…
Il fallait une grande précision, une rigueur
dans le démontage de la machine comme dans
l’écriture, pour parvenir à
assembler ce puzzle de l’oppression. L’auteur
y parvient avec talent…
LE FIGARO,
1979, Jean-François ALLIBERT.
Malgré sa parfaite
logique et sa grande justice (en cas d’erreur
, une indemnité peut être versée
aux ayants droit), l’administration rencontre
des difficultés dans l’application
de la politique du gouvernement en faveur des
personnes âgées. Le héros
du livre ne marche pas. A la question : «
Quel intérêt présente encore
la vie pour vous ? », l’impétrant
a la naïveté, mais aussi le mauvais
goût de répondre : « J’aime
ça. »
FRANCE FORUM, 1980, Philippe
SENART.
Ces Nouvelles Scènes
de la vie future, ont, pour leur valeur d’avertissement
public, une importance qui n’échappera
pas. Mais elles contiennent comme en médaillon
ce petit drame conjugal, et elles en sont colorées
d’une lueur de tendresse intime qui pour
les âmes sensibles leur donne un autre prix.
Bonaparte
en brumaire ou le Napoléon imaginaire.
FRANCE FORUM, 1982, Etienne
BORNE
Par Brumaire, Bonaparte accède
à l’imaginaire du mythe. Ce terme
imaginaire ne doit point égarer. L’auteur
ne puise pas dans un riche passé pour fabriquer
à sa guise un personnage fictif, dont il
importerait peu qu’il correspondît
ou non à un modèle historique qui
ne serait plus que prétexte. L’imaginaire
du mythe ici est voyance et clairvoyance. Le mythe
ou cette vérité du réel,
qui sous le superficiel, l’insignifiant,
le répétitif, fait entrevoir la
substance énigmatique des choses et des
êtres. Le Napoléon imaginaire, c’est
Napoléon tel qu’en lui-même
le change un regard qui, poétique, n’est
pas sans connivence avec l’universel et
l’éternel…
Poussé par l’histoire au-dessus de
lui-même et pouvant lui parler d’égal
à égal, Bonaparte, dans un accès
de ténébreuse gratitude, proposera
ou imposera à Clio un pacte d’une
tout autre portée : que désormais
l’Histoire soit érigée en
l’instance suprême qui décide
entre le bien et le mal car quelle autre justification
pourrait-il y avoir pour Napoléon que l’Histoire
elle-même qui glorifie son Prométhée
en donnant même grandeur aux triomphes de
son midi ou aux faillites de son crépuscule
? Echange égalitaire sur le rebord du temps
et de l’éternité : tu m’as
fait dieu ? La terre étant trop terrestre,
je te fais Dieu…
Dans ce pacte entre l’homme et l’Histoire
il pourrait bien n’y avoir que des perdants,
et comme l’avait pressenti Péguy
dans une œuvre qui s’appelle «
Clio », quelle plus grande misère
pour l’histoire que d’usurper la place
de l’Absolu et donc de Dieu. La dramatique
alternative de l’Histoire ou le vrai Dieu,
achève le poème parce que dès
le commencement elle l’animait et le mettait
en mouvement.
Un poème qui est aussi une méditation…
sur le mystère du pouvoir... Le rideau
tombé, et éteintes les voix, l’auteur
... retourne au silence qui l’a fait poète..
LES TRIBULATIONS DE PIERRE
PAUL GEDEON PREUX, HUISSIER DE JUSTICE OU LE MIEL
ET L’AMERTUME.
REVUE
DES DEUX MONDES. juin 1986.
M. Le Gall, après avoir écrit de
nombreuses « dramatiques » notamment
pour France culture, ce qui est un excellent banc
d’essai pour le théâtre, présente
aujourd’hui au Théâtre de la
Plaine les curieuses « Tribulations »
d’un huissier de justice On retrouvera le
même ton mi-badin, mi-grave, la même
manière de lier les problèmes de
la vie quotidienne à ceux da la destinée
humaine et de l’avenir du monde. Cette comédie
est une déclaration d’amour en forme
de sommation par acte extra-judiciaire. Le héros
en sort de chez Musset ou Peynet. C’est
extrêmement savoureux, un peu parodique,
mélangé habilement de théâtre
naturaliste et de tragédie classique. Giraudoux
eût aimé cela. M.Le Gall a le sens
de la réplique.
LE PARISIEN LIBERE, 1986.
Il y a le mari, dont les affaires
vont mal, la femme qui s’efforce, tout en
parlant en vers classiques, de trouver l’argent
nécessaire à une mis en scène
de théâtre, et il y a un huissier
lunaire et néanmoins sympathique qui se
présente pour effectuer une saisie, mais
tombe amoureux et commence sa déclaration
par « attendu que »… Tout se
termine bien et l’on rit beaucoup aux «
Tribulations de Pierre- Paul- Gédéon
Preux, huissier de justice ».
REVUE DES ANCIENS ELEVES
DE L’ECOLE SUPERIEURE DE COMMERCE, 1986
Ariane FOURNIER.
C’est une comédie
qui fait rire… La vertu du texte est justement
de passer d’un ton à un autre ! Le
langage de l’huissier, emprunté au
monde de la justice, est à lui seul un
sommet comique ; en particulier, lorsque pour
se déclarer à sa bien-aimée,
il exprime une « sommation d’amour
» dont toutes les phrases commencent par
« attendu que »… Les jeux permanents
sur les mots permettent de faire rire de tout
ce qui fait la trame de la vie. A VOIR ABSOLUMENT.
THEATRE 2.
VALEURS
ACTUELLES, 1991.
Théâtre d’André
Le Gall. Nous avions signalé le premier
volume de cette série. Le second confirme
le talent, rare aujourd’hui, de cet auteur
dramatique qui ne recule pas devant les grands
sujets et les traite d’une langue ferme
et réellement théâtrale :
Bonaparte en Brumaire, le Conquérant
des mots perdus, le Jugement de Constantin le
Grand, Ultra contre Enigma : quatre pièces
brossées aux couleurs de l’histoire,
dont trois ont été créées
sur France Culture. L’auteur se tient à
l’écart du petit cercle qui se partage
les aides et les subventions, ce qui explique
sa quasi-absence de nos scènes.
LE MONDE, 1990.
UN OUVRAGE DRAMATIQUE
Trois pièces de théâtre,
signées André Le Gall et déjà
diffusées sur France Culture, viennent
de paraître aux éditions Médialogue.
Les textes intégraux permettront…
aux profanes de s’initier à l’écriture
radiophoniques, aux auditeurs de savourer l’œuvre
sur papier, et à tous les lecteurs de suivre
des leçons d’histoire aux dialogues
imaginaires.
THEATRE 3.
COMEDIES.
LE MONDE, 1992.
LA DOUBLE VIE D’ANDRE LE GALL.
André Le Gall, énarque
sérieux et fort occupé par les chiffres
dans la journée, aime, une fois rentré
chez lui, se livrer au plaisir solitaire de l’écriture.
Travaillant plus spécialement l’écriture
radiophonique, il a ainsi construit au fil des
années une œuvre théâtrale
originale, couronnée par l’Académie
des sciences morales et politiques en 1989 et
diffusée sur France Culture et France Inter.
Les éditions Médialogue viennent
de publier son troisième volume, intitulé
Comédies. Délaissant, pour
une fois, les personnages célèbres
aux prises avec l’histoire comme dans
Bonaparte en brumaire ou le Napoléon imaginaire,
il nous livre huit petites pièces, histoires
d’hommes et de femmes au quotidien, histoires
pour faire sourire telles Les Tribulations
de Pierre Paul Gédéon Preux, huissier
de justice.
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